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Témoignage

Contrairement à ce qui est véhiculé par l’opinion publique, toutes les communautés autochtones sont sous-financées. De plus, comme c’est souvent le cas en politique, il y a du favoritisme dans la gestion des fonds. Certains cherchent à récompenser leurs électeurs, et d’autres, les membres de leur famille. Des décisions sont prises en fonction de la prochaine élection, et non en fonction de l’avenir de nos communautés. Il y a trop d’objectifs à court terme.

Certains aussi cherchent à gagner du pouvoir en jouant le rôle de victimes à l’intérieur et à l’extérieur de nos communautés. Je crois que, dans les domaines où nous avons besoin d’aide gouvernementale, il nous faut apprendre à formuler des propositions honnêtes. Ce n’est pas toujours aux gouvernements d’intervenir. Il faut que nous soyons honnêtes, en tant qu’Autochtones, et que nous fassions notre examen de conscience afin qu’elles sont nos responsabilités. Il y a beaucoup de nettoyage à faire au sein de nos communautés. D’autre part, si nous considérons les statistiques en ce qui concerne les besoins et les montants que nous re3cevons du gouvernement, nous apercevons un grand écart qui va en augmentant. L’état de santé et les conditions socio-économiques de nos communautés sont en flagrante détérioration. Actuellement, la moyenne d’âge dans nos communautés est de 23 ans. Pourtant, plus de 30% de la population est déclarée diabétique.

C’est la même chose sur le plan scolaire. Je suis de ceux qui favorisent énormément l’éducation. Malheureusement, nous expérimentons un décrochage scolaire de beaucoup supérieur à la moyenne québécoise. Je crois qu’il est urgent pour nous de remédier au problème de consommation de drogue, quoi est souvent la cause de ce décrochage. Dans l’une de nos communautés, le vendeur de drogue était un membre élu, donc quelqu’un en position d’autorité. En un autre lieu, c’était des employés de la communauté, déjà bien rémunérés, qui vendaient de la drogue pour accroître leurs revenus. Cela est inacceptable.

 

Extrait du témoignage de Mr. Guy Bellefleur, innu et ancien chef d'Unamenshipu, tiré du livre UASHTEU Lumière et foi au coeur des Premiers Peuples du Québec des Éditions Jaspe